Les pays africains renforcent leur collaboration pour promouvoir les systèmes de données sur l'éducation et les compétences

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Lilongwe, Malawi, 14 juillet 2026 – Des représentants issus de 25 pays africains, des partenaires de développement et des institutions régionales se sont réunis à Lilongwe, au Malawi, à l’occasion d’un atelier consacré au partage des connaissances et à l’engagement des parties prenantes, organisé par l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) dans le cadre de son initiative « Défi des données sur l'éducation et les compétences » (ESDC). Cet atelier s’est tenu les 13 et 14 juillet, en amont de l’Échange sur l'apprentissage fondamental en Afrique (FLEX2026). Cette rencontre a constitué une plateforme stratégique permettant aux pays mettant en œuvre l’initiative ESDC de faire le point sur les progrès réalisés, d’échanger leurs expériences, de tirer des enseignements, de promouvoir l’apprentissage entre pairs et de renforcer la collaboration afin d’accélérer le développement et l’utilisation des systèmes de données sur l’éducation et les compétences à travers l’Afrique.

Lors de l’ouverture de l’atelier, Shem Bodo, chargé supérieur des programmes à l’ADEA, a encouragé les participants à reconnaître les progrès significatifs accomplis par les pays africains dans le renforcement des systèmes de données sur l’éducation et les compétences au cours des deux dernières décennies. Tout en reconnaissant que des défis subsistent, il a exhorté les participants à se concentrer sur ces réalisations, qui constituent le fondement des progrès futurs. Il a souligné que les États membres devaient prendre la tête du programme africain en matière de données sur l’éducation, les partenaires au développement jouant un rôle de soutien, et a appelé les pays à aligner leurs efforts sur la Stratégie continentale de l’Union africaine pour l’éducation en Afrique (CESA 2026–2035). Il a insisté sur le fait qu’une appropriation nationale plus forte, des solutions menées par l’Afrique et des données de qualité étaient essentielles pour éclairer des politiques éducatives efficaces et accélérer le développement du continent.

L’atelier a combiné l’échange de connaissances techniques et l’engagement stratégique des parties prenantes, reconnaissant que des réformes durables en matière de données éducatives nécessitent davantage que de simples capacités techniques. Tout au long de cet atelier de deux jours, les participants ont passé en revue les expériences de mise en œuvre des pays se trouvant à des stades plus avancés de l’initiative ESDC, tout en identifiant des solutions pratiques aux défis communs. Les discussions ont porté sur le renforcement des cadres de gouvernance, l’amélioration de l’interopérabilité entre les systèmes d’information sur l’éducation, l’amélioration de la qualité et de l’utilisation des données, le renforcement des capacités institutionnelles et la promotion d’investissements durables dans des systèmes intégrés de données sur l’éducation et les compétences.

Un volet essentiel de l’atelier a été consacré au plaidoyer et à l’engagement des parties prenantes. À travers des exercices collaboratifs, les équipes nationales ont recensé les acteurs institutionnels et non étatiques, analysé l’influence et les intérêts des parties prenantes, identifié des leviers d’action politique et des opportunités de plaidoyer, élaboré des messages clés fondés sur des données probantes, et préparé des plans d’action spécifiques à chaque pays en matière d’engagement des parties prenantes et de communication, visant à accroître l’utilisation des données sur l’éducation dans la prise de décision.

S'adressant aux participants lors de la deuxième journée de l'atelier, le secrétaire principal du ministère de l'Éducation du Malawi, le Dr Ken Ndala, a réaffirmé l'engagement du gouvernement du Malawi à renforcer les systèmes de données sur l'éducation, fondement d'une élaboration efficace des politiques. S'appuyant sur l'expérience du Malawi, il a fait remarquer que «les décisions que nous prenons dépendent de la qualité des données dont nous disposons», et a souligné les opportunités offertes par les technologies numériques et l'intelligence artificielle pour améliorer les systèmes d'information sur la gestion de l'éducation, renforcer la qualité des données et soutenir une prise de décision fondée sur des données probantes.

Dans le prolongement des remarques du gouvernement, le secrétaire exécutif de l’ADEA, Albert Nsengiyumva, a réaffirmé l’engagement de l’ADEA à soutenir les États membres dans le renforcement de systèmes durables de données sur l’éducation et les compétences à travers l’Afrique. Il a souligné que les réformes devaient être institutionnalisées au-delà des cycles de projets, encourageant les gouvernements à intégrer les données sur l’éducation et les compétences dans les processus nationaux de planification et de prise de décision. Il a souligné que des données de qualité devaient être transformées en informations exploitables permettant d’orienter les politiques, d’améliorer l’allocation des ressources, de renforcer la responsabilité et, en fin de compte, d’améliorer les résultats d’apprentissage à travers le continent.

Au-delà de l’échange de connaissances, l’atelier a jeté les bases de la Communauté de pratique ESDC, une plateforme continentale qui facilitera l’apprentissage continu entre pairs, la collaboration technique et le partage d’expériences entre les pays participants. Afin de maintenir la dynamique au-delà de l’atelier, l’ADEA soutiendra l’organisation de sessions virtuelles trimestrielles d’échange de connaissances, un mentorat entre pairs entre des pays se trouvant à différents stades de mise en œuvre, ainsi que la création d’un référentiel de connaissances partagé via le portail de données de l’UA.

L’atelier a abouti à plusieurs résultats stratégiques, notamment des cartes d’influence des parties prenantes nationales, des projets de plans d’action en matière de plaidoyer et d’engagement, un résumé consolidé des enseignements tirés de la mise en œuvre, ainsi qu’un cadre convenu pour la Communauté de pratique de l’ESDC. Ces livrables renforceront l’appropriation par les pays, consolideront la collaboration entre les ministères et les institutions, et accéléreront la mise en œuvre de systèmes durables de données sur l’éducation et les compétences à travers l’Afrique.

En réunissant des gouvernements, des experts techniques, des partenaires de développement et des institutions régionales, l’ADEA continue de démontrer son engagement à soutenir les pays africains dans la transformation des données sur l’éducation et les compétences en données exploitables qui éclairent les politiques, renforcent les systèmes éducatifs et, à terme, améliorent les résultats d’apprentissage pour chaque apprenant à travers le continent.

L’initiative « Défi des données sur l'éducation et les compétences » (ESDC) vise à renforcer la capacité d’un maximum de 30 pays africains à produire, communiquer et utiliser des données de qualité sur l’éducation et les compétences afin de fonder sur des données factuelles l’élaboration des politiques, la planification, la mise en œuvre des programmes, le suivi et l’évaluation. Depuis son lancement, l’initiative s’est étendue, passant d’une cohorte initiale de 11 pays à 25 pays participants, chacun se situant à des stades différents de mise en œuvre. Cet atelier a donc constitué une occasion importante pour les pays disposant d’une expérience de mise en œuvre plus avancée de partager des enseignements pratiques et d’accélérer les progrès à l’échelle du continent.