L'ADEA plaide pour un effort plus ciblé sur les résultats en classe lors du Symposium IBSA sur l'apprentissage fondamental de qualité
L'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA) a exhorté la coalition pour l'apprentissage fondamental de l'Inde, du Brésil et de l'Afrique du Sud (IBSA) à centrer son futur réseau sur l'apprentissage fondamental sur l'amélioration des apprentissages des enfants en classe. La Dre Jacqueline Jere-Folotiya, experte principale en apprentissage fondamental à l'ADEA, représentant le Secrétaire exécutif de l'ADEA, Albert Nsengiyumva, a défendu cette position lors de la Réunion technique IBSA 2026 sur l'apprentissage fondamental de qualité (19 et 20 octobre) et du Symposium IBSA sur l'apprentissage fondamental de qualité (21 octobre), organisés par le Département de l'Éducation de base de l'Afrique du Sud au Cap.
La réunion, tenue sous la présidence sud-africaine de l'IBSA en 2026 autour du thème « Shared Foundations, Shared Futures: Advancing Literacy and Numeracy for Every Child » (Fondations partagées, avenirs partagés : faire progresser la lecture, l'écriture et le calcul pour chaque enfant), fait suite au Document final IBSA 2025 sur l'apprentissage fondamental de qualité. Dans ce document, les ministres chargés de l'Éducation de base des trois pays ont exprimé leur intention de créer un Réseau des chefs d'État sur l'apprentissage fondamental de qualité, ainsi qu'un groupe de travail technique chargé d'en définir le fonctionnement. Le Brésil a participé en présentiel, tandis que l'Inde s'est jointe virtuellement. Des partenaires, dont l'UNICEF, qui a présenté les résultats du Foundational Learning Action Tracker, ainsi que l'OCDE et l'UNESCO, ont partagé des données probantes aux côtés de responsables de l'éducation des provinces sud-africaines.
À l'ouverture du Symposium, la vice-ministre de l'Éducation de base, la Dre Reginah Mhaule, a qualifié l'apprentissage fondamental de pierre angulaire de la réussite scolaire. Elle a souligné qu'il progresse lorsque les gouvernements travaillent en étroite collaboration avec leurs partenaires, soutiennent les enseignants, mobilisent les communautés et fondent leurs politiques sur des données probantes.
La ministre de l'Éducation de base, l'honorable Siviwe Gwarube, a renforcé ce message dans son allocution d'ouverture. Elle a relevé que le succès du partenariat IBSA doit, en définitive, se mesurer à son impact en classe. Elle a appelé à passer du dialogue et des engagements à une mise en œuvre concrète, à des résultats mesurables et à un financement durable qui soutienne les progrès au-delà des cycles politiques et des projets ponctuels. Elle a également plaidé pour un soutien continu aux enseignants et pour l'utilisation des données d'évaluation au service de l'amélioration.
La contribution de l'ADEA reflétait les vues et la position des dirigeants sud-africains de l'éducation de base. La présentation de la Dre Folotiya a salué la vision holistique de l'apprentissage portée par le Document final IBSA, de la petite enfance aux premières années du primaire, ainsi que sa position selon laquelle chaque pays devrait fixer ses propres attentes par âge ou par stade plutôt que d'adopter des repères mondiaux restrictifs. Pour rendre ce document opérationnel, elle a proposé quatre mesures : un ensemble restreint et pratique d'indicateurs communs, assortis de situations de référence, de jalons et de résultats ventilés ; un mandat initial clair pour le groupe de travail technique, appuyé par des points focaux techniques désignés par les pays ; une lecture pratique de la norme de financement de 10 % consacrés à la petite enfance et un plan de financement des activités essentielles du Réseau ; et la traduction en actes des engagements du document en matière d'équité et d'action multisectorielle.
Lors de la session technique consacrée à l'élargissement du Réseau des chefs d'État de l'IBSA, la Dre Folotiya a partagé l'expérience de l'ADEA dans l'animation de la Coalition ministérielle africaine pour l'apprentissage fondamental (AFLMC) : son élargissement, ses progrès et ses défis depuis sa création lors de la Triennale de 2022. Son argument central était que le réseau doit intégrer la redevabilité dès le départ. Elle a présenté six principes de conception à l'intention de l'IBSA, conçus comme des enseignements à adapter plutôt que comme un modèle à reproduire :
- Gouvernance : un mandat clair et des rôles définis, reliant l'engagement des dirigeants au suivi technique.
- Inclusivité : des voies concrètes permettant aux pays et aux acteurs de l'éducation de façonner les priorités.
- Redevabilité : des indicateurs de progrès partagés et des revues régulières.
- Priorités assorties d'échéances : des jalons, des dates cibles, des responsabilités et des points de revue clairs pour chaque priorité.
- Crédibilité et impact : distinguer les activités du Réseau des résultats obtenus par les pays, et rendre compte ouvertement des limites.
- Durabilité et cohérence : un programme de travail ciblé, relié aux structures existantes.
Les contributions de l'ADEA ont apporté une expérience africaine éprouvée : comment une coalition ministérielle est passée de 12 à 40 pays, comment elle a commencé à suivre ses propres engagements, et où le continent accuse encore des retards. L'échange est réciproque, car les pays africains ont beaucoup à apprendre de l'expérience de réforme de l'Inde et du Brésil.
Lors du Symposium du 21 octobre, l'ADEA a retracé l'histoire des trois Échanges africains sur l'apprentissage fondamental (FLEX) : Freetown (2023) ; Kigali (2024), où les pays se sont engagés à éliminer la pauvreté des apprentissages en Afrique d'ici 2035 ; et Lilongwe (2026), qui a posé la question de savoir si les engagements atteignent les salles de classe. La présentation s'est appuyée sur le bilan de FLEX2026 et a souligné que les politiques et les systèmes de données ne se traduisent pas automatiquement par des changements en classe.
Elle a conclu par cinq enseignements clés : s'approprier la réforme, soutenir l'enseignement, boucler la boucle des données, financer la mise en œuvre, aligner et adapter. Son intervention a soumis une question aux délégués : « Qu'est-ce que les enfants et les enseignants vivront de différent l'année prochaine ? »
À l'issue du symposium, les délégués se sont accordés sur six conclusions portant sur l'utilisation des données, l'appropriation par les gouvernements, le soutien aux enseignants, le renforcement des systèmes, le financement des éléments de mise en œuvre, ainsi que l'alignement, les partenariats et l'adaptation. Le soutien aux enseignants est ressorti le plus fortement des discussions qui ont suivi les visites d'écoles. Ces conclusions rejoignent étroitement les thèmes de la Triennale 2025 de l'ADEA et de FLEX2026.