Retraite stratégique 2026 – Les pays et les partenaires s'accordent sur les priorités en matière de réforme alors que l'ADEA encourage la transition vers une prestation coordonnée de l'éducation en Afrique

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Les gouvernements et les partenaires de l'éducation réunis lors de la Retraite stratégique 2026 de l'ADEA ont convenu d'aligner leurs efforts en faveur d'une mise en œuvre efficace des réformes éducatives à grande échelle. La retraite, tenue à Abidjan, Côte d'Ivoire, du 17 au 19 mars, a réuni des représentants de onze pays et de huit organisations partenaires — une progression significative par rapport à la retraite précédente, qui avait mobilisé six pays et deux représentants de partenaires. Cette participation élargie reflète un effort délibéré d'assurer la représentation des pays francophones, après une retraite 2025 ayant majoritairement impliqué des pays membres anglophones.

Les sessions ont marqué une rupture nette entre l'engagement et la mise en œuvre coordonnée. Le consensus entre gouvernements et partenaires était sans ambiguïté : c'est une collaboration renforcée — et non nécessairement de nouvelles initiatives — qui déterminera les progrès sur les priorités éducatives et la résilience des systèmes à travers le continent.

Les pays à la loupe

Les pays ont saisi l'occasion de la retraite pour réfléchir ouvertement aux réformes en cours et aux défis de mise en œuvre auxquels ils font face. Au Sénégal, l'éducation bilingue utilisant les langues nationales montre un fort potentiel pour améliorer les acquis fondamentaux de l'apprentissage. La Côte d'Ivoire avance dans la réforme fondée sur les données, incluant des modèles de financement axés sur les résultats. Au Bénin, les programmes de cantines scolaires ont amélioré la fréquentation, réduit les abandons et contribué à de meilleurs résultats d'apprentissage.

La Mauritanie et le Togo renforcent la pédagogie structurée et les systèmes de développement des enseignants, notamment à travers la formation continue. La Guinée explore des mécanismes de financement innovants et des solutions d'apprentissage numérique pour élargir l'accès et améliorer l'efficacité des systèmes. Le Gabon réforme ses programmes scolaires, développe les filières techniques et professionnelles plus tôt dans le parcours scolaire, et tire parti de la technologie et des savoirs locaux pour améliorer la pertinence de l'enseignement et réduire les taux d'échec.

L'innovation émerge également dans des contextes plus difficiles. Le Niger recourt à des approches communautaires et à des modalités de scolarisation flexibles pour maintenir l'accès à l'éducation dans des zones d'insécurité, avec un recours croissant aux contenus numériques. Au Mali, la déclaration de 2026–2027 comme Année de l'Éducation témoigne d'un engagement politique fort en faveur de la réforme, avec un accent sur l'éducation bilingue et l'ancrage des réformes dans des cadres de planification conduits par l'État. La République centrafricaine reconstruit son système à travers un plan sectoriel visant à accroître le nombre d'enseignants qualifiés, des initiatives de formation continue, des programmes communautaires de réintégration des enfants non scolarisés, et des expérimentations numériques et multilingues dans les zones mal desservies.

Dans tous les contextes, les pays ont identifié des contraintes communes : pénurie d'enseignants qualifiés, financement limité, systèmes de données insuffisants, et écarts entre les capacités de formulation des politiques et leur mise en œuvre — particulièrement dans les environnements touchés par des crises, où les fermetures d'écoles et l'insécurité demeurent des obstacles majeurs.

La réponse des partenaires

Les partenaires au développement ont relayé l'appel à une coordination et un alignement renforcés. La Banque africaine de développement — institution hôte de l'ADEA — a souligné l'importance d'aligner les investissements sur les stratégies nationales et d'évoluer vers des interventions programmatiques à grande échelle, mettant en avant les efforts avancés pour opérationnaliser le Fonds africain pour l'éducation, la science, la technologie et l'innovation (AESTIF). La Banque mondiale a mis en avant les approches de financement axées sur les résultats, qui récompensent la performance et améliorent la redevabilité.

La Fondation Gates a insisté sur l'apprentissage fondamental comme point d'entrée de la transformation systémique, soulignant que l'amélioration des résultats précoces renforce l'efficacité globale du système. La Fondation Mastercard a souligné l'urgence de repenser les voies de l'enseignement secondaire et des compétences pour mieux préparer les jeunes au monde du travail. L'UNICEF a mis l'accent sur la nécessité de systèmes résilients et extensibles — notamment dans les contextes de crise et d'urgence climatique — avec une attention particulière aux données, à la transformation numérique et à l'équité. L'Organisation internationale du Travail a appelé à une plus grande cohérence des politiques intersectorielles, à des normes renforcées en matière de développement des compétences, et à un meilleur alignement entre les systèmes éducatifs et les besoins du marché du travail. Speak Up Africa a mis en avant le rôle du plaidoyer, de l'engagement citoyen et de la communication pour maintenir la dynamique et assurer la redevabilité des résultats.

Le rôle de l'ADEA en tant que plateforme continentale neutre a été fermement réaffirmé. Wariko Waita, Directrice au Centre pour l'enseignement et l'apprentissage innovants de la Fondation Mastercard, a décrit l'ADEA comme 

« un leader continental, un partenaire stratégique et de confiance dans le domaine de l'éducation. »

Le Secrétaire exécutif de l'ADEA, Albert Nsengiyumva, a réaffirmé l'orientation de l'organisation : 

« L'Afrique ne manque pas d'idées ni d'engagements. Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est d'alignement et de mise en œuvre. Le rôle de l'ADEA est de rassembler les pays et les partenaires autour de priorités communes, d'assurer la cohérence du soutien apporté, et d'aider à traduire les politiques en actions qui produisent de véritables résultats pour les apprenants. »

Perspectives

La retraite s'est inscrite dans le cadre du mandat stratégique 2025 et du cadre de suivi Walk the Talk issu de la Triennale ADEA 2025, en cohérence avec le Plan stratégique quinquennal 2024–2028 de l'ADEA et les cadres continentaux existants, notamment le CESA 26-35, le STISA 26-35 et la Stratégie EFTP 2025–34.

À l'avenir, l'ADEA s'attachera à renforcer l'engagement des pays, à améliorer les mécanismes de coordination, et à garantir un meilleur alignement entre les données, le financement et la mise en œuvre — en faisant de la livraison concrète la mesure centrale du succès.