Les pays fournissent leur première mise à jour à la Coalition ministérielle sur la mise en œuvre des recommandations de la Triennale 2025 de l’ADEA sur l’apprentissage fondamental

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Le jeudi 26 mars, la Coalition ministérielle pour l’apprentissage fondamental en Afrique (AFLMC) a tenu sa 10e session, réunissant des ministres de l’éducation, des décideurs politiques et des partenaires au développement de tout le continent. Présidée par le Ministre de l’Éducation de base et de l’Enseignement secondaire supérieur de la Sierra Leone, Son Excellence Conrad Sackey, la réunion a ouvert la voie à des échanges déterminants sur les progrès en matière d’apprentissage fondamental à travers les pays africains. Depuis sa création, la Coalition n’a cessé de se renforcer et, à travers cette plateforme, les pays ont continué à consolider leur engagement en faveur de l’apprentissage fondamental, notamment l’élimination de la pauvreté des apprentissages d’ici 2035.

Cette 10e édition est la première depuis la Triennale de l’année dernière. Elle a notamment porté sur les mises à jour relatives à la mise en œuvre des recommandations adoptées à Accra sur l’apprentissage fondamental, dans la perspective de FLEX2026 au Malawi, prévu plus tard en juillet de cette année. Dans ses remarques d’ouverture, le Ministre Sackey a réaffirmé l’urgence d’agir, appelant les pays à passer résolument des engagements à un impact mesurable. « L’Histoire ne se souviendra pas des réunions que nous avons tenues. Elle se souviendra des vies que nous aurons changées », a-t-il déclaré, exhortant ses collègues ministres et décideurs à faire preuve de courage dans la mise en œuvre, de rigueur dans l’exécution et d’unité pour faire avancer l’agenda continental de l’apprentissage fondamental.

Les remarques d’ouverture de Son Excellence Sackey ont été suivies d’une mise à jour sur le partenariat Inde-Brésil-Afrique du Sud (IBSA) et les résultats du sommet du G20. Dans son intervention, la Ministre sud-africaine de l’Éducation de base, Son Excellence Siviwe Gwarube, a affirmé que les enfants d’Afrique ne méritaient rien de moins que l’excellence. Pour y parvenir, elle a présenté la manière dont son pays a amplifié les aspirations et attentes de l’Afrique en matière d’apprentissage fondamental lors de la présidence sud-africaine du G20, aboutissant à leur inscription dans la Déclaration des dirigeants du G20. Elle a ensuite annoncé la création d’un Réseau pour un apprentissage fondamental de qualité dans le cadre du partenariat IBSA, en tant qu’initiative-legs visant à renforcer la collaboration au sein du Sud global. Elle a indiqué que l’Afrique du Sud travaillera avec l’ADEA et la Coalition ministérielle pour garantir que la voix de l’Afrique reste forte sur les questions d’apprentissage fondamental, et a appelé les pays à approfondir la collaboration, à partager des solutions fondées sur des données probantes et à éviter la duplication des efforts.

La session a également passé en revue les six résolutions issues des sessions sur l’apprentissage fondamental lors de la Triennale de l’ADEA, qui définissent collectivement l’agenda d’action de la Coalition pour 2026-2028, ainsi que les engagements pris lors de l’Échange africain sur l’apprentissage fondamental 2024 (FLEX2024), qui orienteront les discussions à FLEX2026 au Malawi. Ceux-ci comprennent le renforcement de l’utilisation des données pour la prise de décision en temps réel, la priorité accordée à l’enseignement multilingue, la généralisation des approches pédagogiques éprouvées, l’amélioration de la préparation scolaire et de la rétention, le financement de l’apprentissage fondamental, et l’alignement des systèmes nationaux d’évaluation sur les cadres continentaux. Ensemble, ces piliers sont conçus pour accélérer l’amélioration des résultats d’apprentissage à grande échelle.

Les mises à jour par pays ont constitué un temps fort de la réunion, les représentants des pays ayant démontré la responsabilité requise quant à leurs progrès et difficultés. Dans l’ensemble, on observe une attention croissante portée à la mise en œuvre des réformes. La Sierra Leone a signalé des avancées significatives dans la généralisation des pédagogies fondées sur des données probantes, avec plus de 28 000 enseignants formés, ainsi que des efforts pour renforcer l’utilisation des données et mobiliser le soutien du secteur privé. Le Rwanda a annoncé la création d’une Unité de mise en œuvre de l’apprentissage fondamental et le succès d’un programme de remédiation ayant permis à plus de 68 % des apprenants à risque de progresser. La Zambie a partagé des avancées en matière de pédagogie par le jeu, le développement d’outils numériques d’évaluation de la préparation scolaire et la mise en œuvre de l’enseignement au bon niveau (connu localement sous le nom de programme de rattrapage), tandis que l’Érythrée a présenté son système d’éducation multilingue, avec un enseignement dispensé en neuf langues.

Le Malawi a partagé les premiers résultats du pilotage de la méthodologie d’enseignement au bon niveau, avec des plans de généralisation à l’échelle nationale, tandis que la Namibie a présenté ses efforts pour développer des évaluations inclusives et multilingues et intégrer l’éducation de la petite enfance dans le système éducatif. Le Mali a mis en lumière d’importantes réformes politiques sectorielles, notamment l’élévation des langues nationales au rang de langues officielles pour renforcer l’apprentissage fondamental, et la déclaration de l’année 2026/27 comme année de l’éducation dans le pays. Dans l’ensemble des présentations, les pays ont démontré une adhésion croissante aux approches fondées sur des données probantes et un engagement partagé en faveur de la généralisation de ce qui fonctionne.

Par ailleurs, l’ADEA a fourni des mises à jour sur les principales initiatives continentales appelées à soutenir les efforts de réforme des pays. L’Initiative pour la transformation de l’apprentissage fondamental dirigée par les gouvernements (FLIGHT) a enregistré des progrès substantiels, notamment le recrutement d’un Directeur exécutif et la finalisation des arrangements de parrainage fiscal, la positionnant pour un déploiement avant FLEX2026. De son côté, l’Initiative africaine pour l’évaluation de l’apprentissage fondamental (AFLAI) continue de construire une plateforme continentale de connaissances sur la réforme des évaluations à travers des blogs, des webinaires et une future facilité d’assistance technique, en réponse à une forte demande de renforcement des capacités en matière de systèmes de données et de mesure.

Au cours de la session, le Malawi a présenté l’état d’avancement des préparatifs de FLEX2026, qu’il accueillera du 15 au 17 juillet 2026 sous le thème « De l’engagement aux résultats : Mise en œuvre de l’apprentissage fondamental à grande échelle ». L’événement mettra l’accent sur la présentation des progrès réalisés par les pays, le renforcement de la redevabilité et la promotion des partenariats pour accélérer la mise en œuvre.

Pour clore la session, le Ministre Sackey a réitéré l’importance de la responsabilité collective et de l’action concrète. Il a appelé les pays à intensifier leurs efforts, à apprendre les uns des autres et à veiller à ce que les engagements se traduisent par de véritables améliorations dans les salles de classe.

La 10e réunion de l’AFLMC a réaffirmé l’évolution de la Coalition vers une plateforme axée sur les résultats – une plateforme définie non pas par les seuls engagements, mais par des progrès mesurables. À l’approche de FLEX2026, la priorité est claire : produire un impact à grande échelle et garantir que chaque enfant africain acquiert les compétences fondamentales nécessaires pour s’épanouir.