L'observatoire KIX du GPE affirme que le financement est essentiel pour renforcer la résilience du système éducatif et la continuité de l'apprentissage

Abidjan/Ouagadougou, 29 avril 2021 - Le Consortium de l'Observatoire KIX, composé de l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA) et du Centre international de l'Union africaine pour l'éducation des filles et des femmes en Afrique (UA/CIEFFA), a organisé le 29 avril 2021 un webinaire sur le financement de l'éducation, le bien-être des enseignants et des apprenants et la réouverture des écoles, dans le but de partager des informations et des expériences sur les politiques et pratiques éducatives dans les 40 pays partenaires du Partenariat mondial pour l'éducation en Afrique. 

M. Albert Nsengiyumva, secrétaire exécutif de l'ADEA, a souhaité la bienvenue aux participants du webinaire, parmi lesquels étaient présents S.E. Professeur Stanislas Ouaro, ministre de l’éducation nationale, de l'alphabétisation et de la promotion des langues nationales du Burkina Faso, et Dr Jane Egau, directrice de l'enseignement et de la formation techniques et professionnels supérieurs au ministère de l'éducation et des sports de l'Ouganda, ainsi que les experts en éducation et les représentants des ministères de l'éducation des pays partenaires africains du GPE, des points focaux KIX, des agences des Nations unies, des partenaires au développement, des établissements universitaires et de recherche, des organisations de la société civile et des réseaux de jeunes africains.

Dans ses remarques introductives, Dr Rita Bissoonauth, chef de mission de l'UA/CIEFFA, a souligné à quel point il était difficile pour les pays de trouver un compromis entre les priorités COVID-19 liées à la santé et les priorités éducatives, car celles-ci se disputent les rares ressources financières disponibles en Afrique.

« Des ressources substantielles sont nécessaires pour que nos écoles restent ouvertes et pour assurer la poursuite de l'apprentissage pendant la période de fermeture des écoles », a noté le Dr Bissoonauth.

En outre, elle a encouragé les pays et les partenaires au développement à contribuer à cette initiative pour la création de connaissances et le partage d'informations. 

Mme Margarita Focas Licht, chef des partenariats efficaces pour le GPE, a souligné l'importance de mettre des données probantes à la disposition des gouvernements cherchant à renforcer la résilience du système éducatif et à soutenir la continuité de l'apprentissage, tout en ajoutant que la COVID-19 a créé la plus grande perturbation de l'éducation encore jamais vue. 

« Au plus fort des fermetures des écoles liées à la COVID-19, soit 1,6 milliard d'apprenants étaient déscolarisés, dont notamment 810 millions dans les pays à faible revenu », a-t-elle noté.

Elle a également signalé que les 500 millions de dollars US mobilisés par le GPE pour soutenir les réponses des systèmes éducatifs des pays partenaires à l’encontre de la pandémie permettent de maintenir l'apprentissage de 355 millions d'enfants dans 66 pays. 

M. Shem Bodo, chargé supérieur des programmes de l'ADEA, et Mme Maria Mdachi, experte en genre de l'UA/CIEFFA, ont présenté des données probantes de l'impact de COVID-19 sur le financement de l'éducation, en se concentrant sur les priorités de financement des pays africains partenaires du GPE, les sources de financement du gouvernement et des partenaires externes, les réponses des pays au financement de l'éducation pendant la COVID 19 et les réflexions sur la dimension de genre du financement de l'éducation.

Les présentateurs ont expliqué que de nombreux pays africains étaient déjà confrontés à des déficits de financement de l'éducation avant la COVID-19 et que la pandémie a apporté des défis supplémentaires pour les systèmes éducatifs et le bien-être des enseignants et des apprenants. Ils ont également souligné qu'avant la COVID-19, l'Afrique subsaharienne enregistrait de bons résultats en termes de parité genres au niveau de l'enseignement primaire, mais qu’aux niveaux de l'enseignement secondaire et supérieur les écarts se creusaient. Ils ont appelé les pays partenaires à intégrer les considérations de genre dans les dépenses publiques, à accroître la collecte et l'analyse de données qualitatives et quantitatives, et à se concentrer sur un financement intérieur efficace.

Leur présentation a également porté sur les conclusions du premier rapport de l'Observatoire publié le 26 avril 2021, qui souligne les dommages à long terme possibles et attendus en raison de l'insuffisance des ressources consacrées à l'éducation. Le rapport met en évidence quatre domaines prioritaires pour le financement des systèmes éducatifs en Afrique afin de faire face aux défis posés par la pandémie : l'apprentissage à distance pendant les fermetures d'écoles, la formation des enseignants aux technologies d'apprentissage à distance, l'inclusion des populations vulnérables dans l'éducation, et les matériaux d'assainissement et autres ressources nécessaires à la réouverture des écoles.

Mme Julie Gichuru, responsable des affaires publiques et de la communication de la Fondation Mastercard, a animé un débat entre le Professeur Stanilas Ouaro et le Dr Jane Egau, qui ont partagé les expériences de leurs pays respectifs en matière de financement de l'éducation et de bien-être des enseignants et des apprenants suite aux fermetures d'écoles liées au COVID-19. 

S.E. Professeur Ouaro a mis en avant les défis auxquels le Burkina Faso est confronté en en terme du bon fonctionnement du système éducatif du pays et du bien-être des enseignants et des apprenants, et a donné des précisions sur les défis liés aux infrastructures et aux ressources humaines et pédagogiques. 

Dr Egau a indiqué que le système éducatif ougandais était mal préparé à disposer un enseignement à distance lorsque les fermetures d'écoles ont eu lieu en mars 2020. Le plan de réponse initial avait été préparé en prévoyant que les fermetures ne dureraient qu'un mois, mais elles ont été prolongées à neuf mois.

Prof. Hellen Inyega, directrice du Early Grade Reading Institute de l'Université de Nairobi au Kenya, et Dr Cecilia Baldeh, conseillère régionale en éducation de l'UNICEF pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, ont appelé les parties prenantes de l'éducation à repenser le système éducatif africain et à ne pas reproduire le système antérieur à la COVID-19, en soulignant que ce dernier ne répondait pas pleinement aux besoins des apprenants, même avant la pandémie. Ils ont suggéré que les plans du secteur de l'éducation devraient inclure des capacités et des plans d'urgence et de réponse aux coûts. 

Dr Moses Ngware, chef de l'unité de recherche sur l'éducation et l'autonomisation des jeunes au Centre africain de recherche sur la population et la santé, a souligné la nécessité pour les pays d'investir dans l'éducation de la petite enfance et a fait écho à l'appel lancé par l'un des participants en faveur de l'adoption d'un programme d'études afro-centré pour soutenir les systèmes éducatifs africains, conformément à l'Agenda 2063 de l'Union africaine et au CESA 2016-2025. Le Centre est chargé de recueillir et de synthétiser les réponses de lutte contre la COVID-19 en matière de politiques et de pratiques éducatives dans les pays partenaires du GPE. 

En clôture du webinaire, le Secrétaire exécutif de l'ADEA, M. Albert Nsengiyumva, a souligné l'importance d'une approche hybride de l'éducation, avec l'enseignement et l'apprentissage en face à face comme objectif principal et l'utilisation de l'apprentissage à distance comme complément, en mettant l'accent sur l'accès et l'équité pour éliminer les lacunes et assurer le retour de chaque fille en scolarité.

Contexte de l'Observatoire GPE KIX sur les réponses COVID-19 dans les systèmes éducatifs africains

L'Observatoire sert de guichet unique pour le suivi des informations et des preuves concernant les politiques et les réponses à la COVID-19 dans l'enseignement primaire et secondaire afin d'informer les politiques et les meilleures pratiques pour les 40 pays partenaires du GPE en Afrique. 

La vidéo du webinaire est disponible ici: https://youtu.be/wiyWBc1fx6M

 

Pour en savoir plus sur l'Observatoire KIX, veuillez contacter :

  • M. Albert Nsengiyumva, Responsable de projet de l'Observatoire KIX, ADEA, [email protected]   
  • Dr Rita Bissoonauth, co-responsable du projet de l'Observatoire KIX, UA/CIEFFA, [email protected]
  • M. Ian Kaliwo, équipe de projet intérimaire de l'observatoire KIX, UA/CIEFFA, [email protected]

Pour toutes questions et le calendrier des entretiens, veuillez contacter :

 


 

À propos de l'ADEA

L'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA) est la voix de l'éducation en Afrique et un réseau clé des ministères de l'éducation. Elle joue un rôle important dans l'espace de l'éducation en tant qu'organisateur, créateur de connaissances et forum de dialogue politique, par le biais de ses Nœuds de qualité inter-pays (PQIP) et du Task Force sur la gestion de l'éducation et l'appui aux politiques. L'ADEA contribue à l'autonomisation des pays africains pour qu'ils développent des systèmes d'éducation et de formation de qualité qui répondent aux besoins émergents des pays et conduisent la transformation sociale et économique de manière durable. https://www.adeanet.org

 

À propos de l'UA/CIEFFA

Le Centre international de l'Union africaine pour l'éducation des filles et des femmes en Afrique (UA/CIEFFA) est une institution spécialisée de l'Union africaine sous le département des ressources humaines, de la science et de la technologie. Le Centre vise à promouvoir l'éducation des filles et des femmes en vue de leur pleine participation à l'éradication de la pauvreté et à l'édification d'un monde pacifique pour un développement humain durable. http://www.cieffa.org

 

À propos de l'APHRC

Le Centre de recherche sur la population et la santé en Afrique est la première institution de recherche et le premier groupe de réflexion en Afrique. Il produit des données probantes pour guider l'action politique afin d'améliorer la santé et le bien-être des populations africaines. https://aphrc.org/

 

À propos de l'UNESCO-ISU

L'Institut de statistique de l'UNESCO (ISU) est la source officielle et fiable de données comparables au niveau international sur l'éducation, la science, la culture et la communication. En tant qu'agence statistique officielle de l'UNESCO, l'ISU produit un large éventail d'indicateurs dans les domaines d'action de l'UNESCO en travaillant avec les bureaux statistiques nationaux, les ministères de tutelle et d'autres organisations statistiques. Le directeur de l'ISU est le statisticien en chef de l'Organisation. http://uis.unesco.org

 

À propos du GPE

Le GPE est un engagement commun pour mettre fin à la crise de l'apprentissage dans le monde. Nous mobilisons des partenaires et des fonds pour aider 76 pays à faible revenu à transformer leurs systèmes éducatifs afin que chaque fille et chaque garçon puisse recevoir l'éducation de qualité dont il a besoin pour libérer tout son potentiel et contribuer à la construction d'un monde meilleur. Le GPE appelle actuellement les dirigeants du monde entier à « lever la main » et à s'engager à verser au moins 5 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années pour aider le GPE à transformer l'éducation dans 87 pays, où vivent plus d'un milliard d'enfants. https://www.globalpartnership.org

 

À propos du CRDI

Le CRDI est une société d'État canadienne qui collabore avec des chercheurs des pays en voie de développement à la recherche de leurs propres solutions pour bâtir des sociétés plus saines, plus équitables et plus prospères. Pour ce faire, le CRDI met à la disposition des chercheurs des pays en développement des ressources financières, des conseils et de la formation pour les aider à trouver des solutions aux problèmes locaux, encourage la mise en commun des connaissances avec les responsables des politiques, les chercheurs et les collectivités du monde entier et favorise l'éclosion de nouveaux talents en offrant des bourses et des prix. https://www.idrc.ca/