L’ADEA co-organise le premier dialogue sino-africain sur l’EFTP axé sur les besoins de l’industrie, ouvrant la voie à la série de Sommets sur l’éducation et les compétences

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15 septembre 2026 – L’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) s’est jointe à la Worlddidac Association et à la China Educational Equipment Industry Association (CEEIA) pour co-organiser la première table ronde de la Série de Sommets sino-africains sur l’éducation et les compétences dans le cadre de Worlddidac Asia. Placée sous le thème « Construire des écosystèmes d’enseignement et de formation techniques et professionnels (EFTP) axés sur l’industrie et fondés sur des partenariats public-privé en Afrique : un partenariat sino-africain pour les compétences, l’employabilité et le développement industriel », cette rencontre a réuni des décideurs africains, des responsables de l’éducation et des représentants du secteur privé, ainsi que des acteurs chinois de l’industrie et de l’éducation. Les participants ont examiné l’un des défis les plus pressants du continent : réduire l’écart entre les compétences produites par les systèmes éducatifs et celles requises par des secteurs industriels en évolution rapide. La session a également posé les bases d’une feuille de route visant à renforcer la coopération sino-africaine dans le domaine du développement des compétences et des échanges de connaissances.

Ouvrant le dialogue, Dr Rodrigo Saez, Secrétaire général de la Worlddidac Association, a appelé à transformer les forces complémentaires de l’Afrique et de la Chine dans le domaine de l’éducation et du développement des compétences en partenariats concrets. Il a souligné la nécessité de rendre les systèmes d’enseignement et de formation techniques et professionnels (EFTP) davantage axés sur les employeurs et la demande, relevant que le décalage persistant entre la formation et l’évolution des besoins de l’industrie nécessite une coordination plus étroite entre les systèmes éducatifs et les employeurs :

« Les systèmes techniques et professionnels ont été conçus à distance des industries qu’ils sont censés servir, produisant des diplômés pour des emplois qui n’existent plus, tandis que les employeurs peinent à pourvoir les postes qui existent. Cet écart relève de la gouvernance, et pas uniquement du financement. »

Il a annoncé le lancement officiel de la Sino-African Education and Skills Partnership Initiative, amorçant ainsi le processus par lequel l’ADEA, la CEEIA et Worlddidac désigneront des points focaux au sein d’un Groupe de travail conjoint, chargé d’élaborer au cours des prochains mois une note conceptuelle et une structure de gouvernance.

S’adressant aux participants, le Secrétaire exécutif de l’ADEA, Albert Nsengiyumva, a identifié l’inadéquation entre l’offre de formation et les besoins du marché du travail comme un défi persistant dans de nombreux pays africains. Il a souligné que les employeurs doivent jouer un rôle central dans la préparation des jeunes Africains au monde du travail et a encouragé les pays à aller au-delà de l’apprentissage en salle de classe pour privilégier l’acquisition de compétences pratiques dans les entreprises, les centres de formation et les environnements professionnels. Faisant le lien avec la transformation économique de l’Afrique, il a déclaré : 

« Il ne s’agit pas seulement d’investissements ou d’économie. Il s’agit de savoir comment les populations bénéficient de ces investissements, et l’un des moyens d’en bénéficier est précisément d’acquérir les compétences et l’expérience nécessaires. »

C’est dans ce contexte que la trajectoire de développement de la Chine s’est imposée comme une référence importante dans les échanges, notamment son expérience en matière d’articulation entre l’enseignement technique, les infrastructures, l’industrie manufacturière et la transformation économique. Représentant la CEEIA, sa Secrétaire générale, Li Ying, a souligné les possibilités de s’appuyer sur l’Initiative de la Ceinture et de la Route à travers une approche à double sens combinant investissements et développement durable des capacités techniques et professionnelles. Elle a présenté un modèle dans lequel les entreprises participent à la conception des programmes et interviennent tout au long du processus de formation, afin de garantir que les formations répondent aux besoins réels des emplois et aux compétences pratiques requises. Les cadres de qualification et de certification, l’assurance qualité, la formation des enseignants et formateurs, ainsi que des programmes ciblés dans les secteurs de la fabrication, des infrastructures et de l’énergie, du numérique et des industries vertes, ont également été identifiés comme des domaines importants d’échange. Résumant cette approche, elle a déclaré : 

« L’industrie pose la question, l’éducation apporte la réponse. »

Pour les pays africains, l’enjeu n’est pas de reproduire le modèle chinois, mais de tirer des enseignements de la manière dont le développement des compétences a été délibérément articulé aux priorités industrielles et économiques. Les représentants des ministères africains de l’Éducation ont partagé leurs expériences, mettant en évidence des lacunes communes ainsi que les domaines dans lesquels un engagement plus approfondi pourrait apporter une valeur ajoutée. Le Nigeria a présenté ses efforts en cours pour revitaliser l’enseignement et la formation techniques et professionnels à travers une nouvelle politique visant à renforcer les liens avec les employeurs. Le ministère nigérian de l’Éducation a placé l’EFTP au cœur de son agenda national de développement et actualise ses Normes nationales de compétences professionnelles tout en rationalisant la formation autour des secteurs prioritaires afin de mieux aligner le développement des compétences sur les besoins de l’industrie et de l’économie. Illustrant l’ampleur de cette ambition, le Gouvernement investit 1 milliard de nairas dans l’EFTP et vise à former près d’un million de jeunes Nigérians, en mettant l’accent sur un programme pratique garantissant une expérience concrète en vue de l’emploi et de l’entrepreneuriat. Alors que le Nigeria passe de l’ambition politique à une mise en œuvre à grande échelle, le pays a exprimé son intérêt à établir des liens avec des institutions et entreprises chinoises pertinentes afin d’élargir les possibilités de formation alignées sur les besoins du marché du travail, permettant ainsi à davantage de jeunes Nigérians d’acquérir les compétences requises par les secteurs en croissance et les projets soutenus par la Chine.

Le Kenya a montré comment les collaborations existantes peuvent contribuer aux réformes nationales. Le pays a évoqué le soutien chinois à l’équipement des établissements de formation avec des technologies modernes, parallèlement à la mise en œuvre de la Stratégie nationale kényane pour l’EFTP et au passage d’une formation principalement orientée vers les examens à un enseignement et une formation fondés sur les compétences. Le transfert de technologies et le renforcement des capacités des formateurs ont été identifiés comme des domaines prioritaires pour approfondir la coopération, afin d’aider les diplômés à acquérir des compétences correspondant davantage aux exigences du monde professionnel.

Les expériences du Ghana et du Rwanda ont également illustré l’importance de renforcer les liens entre la formation et le monde du travail. Le Ghana a présenté son recours aux données sur le marché du travail et sa collaboration avec les associations professionnelles pour identifier les métiers prioritaires, anticiper les besoins en main-d’œuvre et orienter les programmes de formation et l’évaluation. Le Rwanda a souligné que les programmes fondés sur les compétences nécessitent des infrastructures adéquates, des équipements modernes et des formateurs régulièrement exposés aux évolutions technologiques, ainsi qu’une meilleure reconnaissance de l’apprentissage en milieu professionnel dans les cadres nationaux de qualification.

Les expériences d’autres pays ont renforcé ces priorités. La Côte d’Ivoire a mis en avant sa coopération existante avec la Chine dans les domaines du financement, des infrastructures et de la formation des enseignants, tout en souhaitant poursuivre les efforts visant à améliorer la qualité de la formation et l’employabilité des jeunes. La Tanzanie a évoqué sa collaboration dans les domaines du développement ferroviaire, de la mécatronique et de l’intelligence artificielle, ainsi que les possibilités d’approfondir la conception conjointe des programmes et la participation de l’industrie. Le Sénégal a présenté le Luban Workshop et son modèle de coopération école-entreprise comme une base pour élargir la coopération dans les secteurs émergents et industriels, tandis que l’Ouganda a mis l’accent sur la formation pilotée par les employeurs, les apprentissages, l’apprentissage en milieu professionnel ainsi que les échanges de formateurs et d’experts avec la Chine.

Dans leur ensemble, ces expériences nationales ont fait émerger un constat commun : le déficit de compétences de l’Afrique ne peut être résorbé par les seuls systèmes éducatifs. Les gouvernements, les établissements de formation et les employeurs doivent travailler de concert pour anticiper les besoins en main-d’œuvre, renforcer l’apprentissage en milieu professionnel, moderniser les environnements de formation et faciliter le transfert de technologies et de connaissances.

Le dialogue s’est conclu par un accord sur une vision commune et la mise en place d’un mécanisme permanent d’engagement sino-africain dans le domaine de l’EFTP, fondé sur les priorités des pays participants. Des points focaux de l’ADEA, de la CEEIA et de Worlddidac formeront un Groupe de travail conjoint chargé d’élaborer le concept et la structure de gouvernance de l’initiative et de faire progresser une feuille de route de coopération pour 2027–2032. Le processus examinera également la possibilité de mettre en place une charte du secteur privé pour l’enseignement technique et le développement des compétences, de renforcer l’apprentissage entre pairs, l’exposition des étudiants et des formateurs aux environnements industriels, les échanges de technologies et de connaissances, ainsi que la participation accrue des femmes, des jeunes et des communautés défavorisées. L’ADEA sera le partenaire africain de mobilisation et de coordination, chargé de porter les priorités africaines ; la CEEIA assurera la coordination des établissements d’enseignement et des acteurs industriels chinois ; et Worlddidac fournira une plateforme neutre pour maintenir un dialogue durable.

Pour l’ADEA, cette initiative souligne une nouvelle fois sa capacité à faciliter des partenariats stratégiques au service de ses pays membres, en les aidant à formuler leurs priorités, à tirer parti des expériences internationales pertinentes et à établir des liens avec des partenaires susceptibles de soutenir la mise en œuvre. À la suite de ce premier échange, les partenaires travailleront à l’organisation d’une rencontre en présentiel en 2027 et à la mise en place d’une Série de Sommets sino-africains sur l’éducation et les compétences appelée à favoriser l’apprentissage entre pairs, à traduire le dialogue politique en actions concrètes et à faire en sorte que la croissance industrielle de l’Afrique s’accompagne du capital humain nécessaire pour la soutenir.